Depuis la création d’un hôpital et d’une faculté de médecine à Shanghaï par les Jésuites au début du XXème siècle, dans l’ancienne concession française, l’élite des médecins chinois de cette faculté apprennent le français en même temps que la médecine. Ainsi, jusqu’à la révolution culturelle, tous les doyens étaient chinois francophones. En 1998, un programme sur 5 ans de remise sur pied de cette filière francophone a été financé par le ministère des affaires étrangères. photo: maternité de Rui-Jin, vestige de l'ancien hospital, et vue de mon hotel , qui donne une idée de Shanghaï: des gratte-ciel à perte de vue.
J’ai ainsi pu aller plusieurs fois enseigner l’hématologie en français à une classe de 30 étudiants, la dernière fois en 2003. Mon université m’a envoyé à la demande de l’université médicale de Shanghaï, d’excellent niveau. Les cours et enseignements dirigés se déroulant le soir (en plus de l’enseignement en chinois), j’ai pu retrouver la vie animée de Shanghaï, en perpétuelle transformation. Se côtoie ainsi de vastes projets architecturaux avec la vie des quartiers populaires, broyés par les l’occidentalisation à marche forcée…
Shanghaï prépare l’exposition universelle 2010 (qui ouvre le 1er mai): vue du chantier, maquette du pavillon français…
Les deux rives du Huang Pu, entre les 2 grands ponts, ne sont qu’un immense chantier. Le Bund est fermé, pas de bière au Peace Hotel…L’immense jardin paysager de People Square, en travaux pendant des années, est très réussi. De là part l’avenue piétonne Nanjing, œuvre, comme beaucoup de bâtiments (dont l’opéra), de l’architecte Charpentier. J’ai vite fuit cette rue, si internationale qu’elle pourrait être déplacée dans n’importe quelle capitale.
Le sort des bâtiments du début du siècle des concessions étrangères, dont j’avais suivi la destruction systématique entre 1999 et 2003, m’intéressait davantage. Bonne surprise : plusieurs quartiers ont été « réhabilités », comme Xintianti: les petites rues gardées, les maisons de briques avec leurs corniches abritent maintenant…des boutiques « branchées » qui pratiquent des prix internationaux.
Il faut aller ailleurs pour acheter son thé, par contre, il n’y a que là où l’on trouve des terrasses de café (chez Paul, ou brasserie Paulaner..mais alors, pourquoi faire 12h de vol pour se retrouver…comme en France). En continuant vers le Huang Pu, les dégâts sérieux commencent. De vastes carrés, cachés de la vue par des murs, sont rasés. La vie continue pourtant, ça et là. D’autres façades sont consolidées, pour mieux être vidées de l’intérieur. La vie, là aussi, s’accroche, avant d’être inexorablement expatriée vers de lointaines banlieues, dans des tours avec tout le confort moderne.
Un temple dédié à Confucius, désert, est un îlot de calme dans cette ville trépidante. Ces rochers aux formes naturelles animalières me touchent toujours autant. Les chinois ont gardé (pour encore combien de temps) un rapport avec la nature que notre cartésianisme a fait disparaître.
J’ai sillonné le reste du quartier « chinois » (en sursis) par un temps splendide, attentif au monde industrieux et fascinant de la rue chinoise (vous remarquerez que l'on peut faire ses courses en pyjama...).
Nous avons plusieurs points communs…Ils sont gueulards, gourmands et badauds. Si l’anglais fait des progrès dans la classe des petits et, probablement, dans les quartiers « internationaux », il faut parler avec ses mains pour négocier l’achat de chaussettes ou de thé…Cette petite boutique de thé ne vend que du thé du Yunnan, et j'ai dégusté là plusieurs Pu'ers avec le sourire...
Le vendredi, avec l'équipe responsable de la filière francophone, nous avons passé la journée dans le village lacustre de Jinxi, au Nord Ouest de Shanghaï
Après une dernière journée d"emplettes, retour dimanche matin par le train magnétique à grande vitesse, qui vous emmène à 300 Km/h vers l'aéroport de Pudong, plus vite (à peine), moins dangereux (certainement) qu'un taxi...
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